Publié par le 27 octobre 2011 dans Médecine générale

Baccalauréat obligatoire en soins infirmiers

Baccalauréat obligatoire en soins infirmiers

Les fédérations du réseau collégial de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) ainsi que la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) sont préoccupées par la position de l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ).

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« Les étudiantes et les étudiants diplômés au collégial en soins infirmiers sont très compétents lorsqu’ils arrivent sur le marché du travail. D’ailleurs, ces étudiantes et étudiants réussissent aussi bien, sinon mieux, que leurs consœurs et confrères universitaires à l’examen d’admission de l’Ordre », affirme Mario Beauchemin, président de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ).

En ce sens, pourquoi changer? Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, est ouvert à l’idée de rendre le baccalauréat obligatoire pour la pratique infirmière au Québec. Du côté de la présidente de l’OIIQ, Gyslaine Desrosiers, elle dit qu’au « Québec, on a 10 ans de retard sur les autres provinces en matière de formation. »

Mais dans une perspective où il y a toujours une pénurie, est-ce vraiment une bonne idée? De plus, imaginez que vous avez étudié en soins infirmiers au courant des 10 dernières années ou que vous étudiez en ce moment au niveau collégial, puis que votre ordre dit que vous avez 10 ans de retard sur les autres provinces, n’est-ce pas quelque peu démoralisant? Pourquoi au Québec tout à l’air d’être improvisé?

Accessibilité et pénurie

L’accessibilité au métier d’infirmière ou d’infirmier pourrait être grandement diminuée en rendant obligatoire le baccalauréat. « La présence des cégeps à travers le Québec permet un meilleur accès aux étudiantes et étudiants de plusieurs régions qui n’ont pas accès à des universités à proximité de leur domicile », souligne Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). On redoute les conséquences sur l’actuelle pénurie de professionnels dans ce domaine qui, selon nous, ne pourra que s’aggraver avec une telle décision.

La FECQ est également inquiète de cette annonce, car elle estime que le fait d’obliger les infirmières et les infirmiers à étudier au BAC diminuera l’accès à la profession. « Avec la hausse des frais de scolarité de 1625 $ que s’apprêtent à subir les jeunes du Québec, beaucoup d’étudiantes et d’étudiants feront le choix de ne pas devenir infirmières ou infirmiers. Je ne crois pas que nous sommes en mesure de réserver l’accès à la profession d’infirmière ou d’infirmier aux étudiantes et étudiants provenant des familles les plus fortunées! », ajoute le président de la FECQ. Les représentants étudiants auront d’ailleurs à se pencher sur la question lors de leur prochain congrès les 4, 5 et6 novembre.

Les organisations sont également perplexes quant à la nécessité d’agir comme les autres provinces du Canada, tel que le propose l’OIIQ. « On ne peut pas comparer des pommes avec des oranges. On a un système unique au Québec qu’on appelle les cégeps et qui augmente considérablement le nombre de diplômés avec le secteur technique », avance Marie Racine, présidente de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ).

En terminant, les organisations voient dans le Diplôme spécialisé d’études techniques (DSET) une piste de solution à explorer. Instauré il y a quelques années à peine, le DSET a justement comme objectif d’offrir une formation surspécialisée dans certains domaines d’activité, principalement les sciences de la santé pour mieux répondre à certains impératifs du marché du travail. « On se demande pourquoi l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec a choisi de ne pas explorer cette avenue », questionne Bernard Bérubé, président de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ).

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